Je m’imaginais un monde comme les salons de démonstration chez Ikea en grandeur réelle, design, nickel, écologique, en symbiose avec la nature et mon moi profond dans des formes modernes et fonctionnelles, avec des sapins verts partout et des grands blonds dedans. Y avait des sapins, y avait des blonds (pas tous et pas tous grands), c’est fonctionnel, cela s’arrête là. Helsinki et ses bâtiments de quatre étages en crépi jaune (et le crépi jaune est bien une des pires hérésies paysagères de l’Occident moderne en pleine décadence architecturale, avec le nain de jardin en plastique et les pergolas anémiques pour tenter de convertir votre pavillon préfabriqué en patrimoine foncier séculaire), cela donne un résultat aussi rigolo que des bâtiments de garnison militaire du dix-neuvième siècle. Je croyais être dans un pays de l’Est tellement c’était esthétique. C’est vous dire. Et personne dans les rues sauf dans le quartier commercial en plein samedi après-midi, une ambiance de feu. Et le bus qui opère la navette est orné de vitres recouvertes de papier collant rayé, accès de lucidité de l’office du tourisme ?
Dans le centre, la gare vaut le détour dans le genre architecture monumentale des années 30 en briques noircies et sculptures vert-de-gris. Un régal. Le centre-ville en face compte au moins quatre rues avec des magasins pour ce que j’ai pu en voir. Le café coûte 2 € et il est imbuvable. Les Chinois font mieux et moins cher.
Un grand moment d’admiration toutefois : leurs pharmacies. Cela rassemble à des agences de voyage. Plein de petits bureaux sont alignés, où confortablement assis dans l’espace clientèle qui leur sont assignés, les souffrants et souffreteux de Finlande peuvent se distraire à regarder les pharmacien(ne)s envoyer leur prescription dans de beaux tubes transparents. Et peu après en admirer la remontée avec leurs médicaments à 200km/h par pneumatique.
Tout le monde fume dehors. Surtout les parents avec des poussettes d’ailleurs. C’est interdit à l’intérieur des lieux publics, constate-je après quelques repérages à la recherche de cendriers sur les tables. Par contre, les terrasses, bien remplies malgré le temps pluvieux et frisquet, font office de fumoirs pour les stoïques. Bonne pub pour les badauds étrangers comme moi.
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