Le nom de mon gite.
Il y a six ou sept immeubles, avec des cours et des jardins au milieu. L’ensemble a des petites allures de favelas quand meme. Des allées peu ou mal pavées, des cahutes construites de bric et de broc dans les coins au milieu des mauvaises herbes, et une quantité impressionnante de résidus divers, avec une conséquente proportion de bicyclettes attendant le jugement dernier de leurs chambres à air. Le Chinois n’aime pas jeter. Il y a des arbres, des plantes, des engins de musculations facon plaine de jeux (il y en a dans tous les squares à Beijing), des bancs où la grande proportion de retraités qui semblent habiter le coin s’installent dès sept heures du matin avec leur tabouret. Vieux monsieurs et vieilles dames, solidement plantés, jambes écartées sur leur tabouret, une main sur le genou, l’autre qui manie l’éventail, en train de jouer aux dominos ou au mahjong, ou tout simplement en train de causer, l’air indéboulonnables. Pour le moment, il y a des gosses en vacances qui trainent dans les coins. Il y a toujours du monde dehors sauf entre 17h30 et 18h30 où tout le monde rentre manger. On n’entend plus que le bruit des spatules qui touillent dans les woks dans le quartier. A cause de la chaleur, en effet, tout le monde vit toutes fenetres, ou première porte ouverte. La première porte est grillagée. De mon appartement, je peux dire quand mon voisin se bouge sur son siège quand il regarde la télé. Mais à part cela, pas un bruit, je suis au milieu d’un paté de maisons, la rue la plus proche est plus une allée qu’une voie carrossable. Un luxe dans un pays où le bruit est une nuisance constante.
Les vieux ont évidemment remarqué mon arrivée. Ils sont encore réticents à me saluer. Je suppose qu’ils attendent au plus vite un rapport de la responsable communautaire de la résidence avant de savoir si je suis halal. Je suis allée me faire enregistrer ce matin. Un bureau chinois où tout fonctionne au carbone, l’ordinateur est sous housse, avec des affiches des campagnes de santé publiques et un stand de vente de préservatifs. Discret, respectueux et efficace la prophylaxie en Chine. Je m’imagine bien aller chez Mme Dong pour faire des provisions de petits caoutchoucs en cas de besoin. Autant déballer la boite devant le caravansérail à petits vieux pour une plus grande discrétion.
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