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Tel le phénix surgissant de ses cendres ...
ce blog est de retour.


Plus sur Blog-City,
car Nanny Anastasie a décidé que les internautes de la partie continentale de la Chine devaient réserver leur bande passante à d’autres lectures.

Le Grand Firewall a donc
encore frappé
...


Et toujours


Mes photos de BABOCHINA
et vous êtes à ...

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Mercredi 14 décembre 2005

L'expression "management du bout du monde" a été taillée sur mesure pour décrire les pratiques en matière de gestion appliquées de ce côté-ci de l'enclume.

En voici encore un exemple navrant. De part et d'autre.
Une compagnie à Shanghai voulait motiver ses employés. Faisant preuve d'une imagination et d'un esprit d'innovation que l'on ne trouve plus guère (et à raison) que dans le coaching d'entreprise,  le DRH se construisit un petit syllogisme à 3 yuans 2 maos :

La peur de la punition est l'un des plus puissants moteurs de l'âme humaine
Quelle punition plus puissante que celle que l'on s'inflige à soi-même?
Conclusion: pour motiver mes employés, je vais faire peser sur leur destin le poids d'une punition.
Et pour être sûr qu'ils ne s'en foutent pas, ils vont me choisir eux-mêmes leur châtiment.

Un raisonnement iznogoudien.

Qui arrive ces jours-ci au point de rupture en raison du comportement insuffisant de l'employé Lin Zheng. Qui, sans se soucier des lendemains qui ne chantent pas, s'était donné comme punition un petit jogging autour de la grand place de Shanghai vêtu de ce qu'il avait sur lui en venant au monde (placenta exclus, et pilosités ultérieures tolérées, mais bon comme il est Chinois, cela ne compte pas beaucoup, sauf pour lui).
Et qui, tout aussi insuffisant, n'a évidemment pas réussi à atteindre les objectifs.

Les Chinois n'ont apparemment pas de préjugés vis-à-vis de façons aussi primairement behaviouristes de gérer une équipe, mais ils en ont par rapport aux exhibitions plus simple appareil.

La question fait donc débat: Lin Zheng doit-il oui ou non se plier à la loi d'airain du DRH ou doit-il être sauvé de sa propre ineptitude?

Source : Youth Daily

 

Par babochina - Publié dans : china as it is
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Samedi 10 décembre 2005

D'après le COHRE (Center of Housing Rights and Evictions)

40 millions de fermiers chinois ont perdu leurs terres et leur seul moyen de subsistance en raison de l'industrialisation et de l'urbanisation

1,25 millions de familles chinoises ont vu leurs maisons démolies ces 10 dernières années, causant la délocalisation de
3,7 millions de personnes

400 000 personnes ont été expropriées à Beijing en vue de la préparation des Jeux Olympiques d'Eté 2008.

Ce qui fait de la Chine, ex-aequo avec le Zimbabwe de Mugabe et l'état indien du Maharashtra, l'état le moins respectueux des droits au logement.

Pour sa part, le Zimbabwe a mené l'opération Murambatsvina, "Virons les ordures", qui a chassé des villes sans autre alternative 700 000 personnes installées dans ce qui était déjà des habitations de fortune.

L'état indien du Maharashtra, où se trouve Mumbai (Bombay), a fait dégager manu militari itou 350 000 habitants des bidonvilles dans un cosmétique essai de transformation en une mégalopole de classe mondiale.
L'objectif : diviser par 10 la superficie des bidonvilles pour transformer Mumbai en la prochaine Shanghai d'ici 2010.

Une recette qui a fait ses preuves...


Par babochina - Publié dans : china as it is
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Vendredi 9 décembre 2005

2 secteurs fondamentaux du bien-être à la chinoise seraient en train de subir de profondes mutations et concentrations qui risquent d'affecter l'avenir du secteur.

Je ne parle pas du charbon, je ne parle pas des embouteillages, je ne parle pas de benzène, ni de jiaozi.

Je parle de 2 piliers de la vie quotidienne du plus grand pays du monde : les caleçons longs et les aircos.


Contexte culturel
Avant de venir en Chine, je n'avais qu'une vague idée du climat local. J'avais juste un ami qui avait passé un an à Beijing et qui en était revenu avec l'habitude de porter 2 pantalons l'un par-dessus l'autre les jours de grand froid. Ce qui m'avait intriguée, j'avoue, mais je n'avais pas poussé la réflexion plus loin. Inconséquence coupable. J'aurais du faire attention ou qu moins ne pas ricaner devant la vitrine du magasin Damart place de la Monnaie.

Car, après 2 ans sur place et une redéfinition (douloureuse mais nécessaire) des critères de ma féminité, je ne m'en passe plus. Ce n'est pas que j'aime, mais c'est que j'ai froid.

Il a fait moins 10 cette semaine avec des vents qui viennent directement de Mongolie vous geler le derrière. Aspirer une goulée d'air frais vous donne l'impression de mâcher une bonne bouchée de poivre mélangée à de la menthe fraîche. Ca arrache sa mère.

Et pourtant, dans ces pénibles frimas, les Chinois sont relativement courts vêtus: pas de doudounes bibendum, ou pas de déguisement "à la conquête de l'Anapurna".

Leur solution : ils thermolactylent.

Chaque partie du corps a droit à son petit caleçon. Le masque chirurgical pour le nez, le petit tricot pour le torse, le long john pour les jambes, ou la sous-jupe ... pour les jupes (existe même pour mini-jupes), les chaussettes qui montent et j'ai déjà vu des protège-chevilles du froid pour les petits courants d'air qui pourraient s'infiltrer dans les jointures. Sans compter la semelle de chaussure intérieure. Rouge de toute façon et brodée main de petits dessins de préférence. (ça porte chance de marcher sur du rouge)

L'étape suivante dans le colmatage, c'est le silicone.

Vous voyez, le sous-vêtement, c'est un art de vivre (mais pas un art de plaire, faites-moi confiance la-dessus, il faudrait que je vous parle de la lingerie pour dames ...)

Et permettez-moi d'ajouter que je remercie le ciel : les Chinois ne soient pas affligés d'une sudation excessive, parce que sinon, avec un tel justaucorps de scaphandrier en synthétique, ce serait l'hécatombe ... plus sobrement, il y a juste un petit parfum de renfermé, c'est pas les kings de l'aération)

Autre détail important sur l'usage du caleçon en Chine. Traditionnellement, il s'enfile le 1er octobre et se retire le 1er mai. De la Fête nationale à la Fête du Travail. Sans exception.

C'est une approche philosophique de l'isolation corporelle. Les Chinois apprécient en tout la stabilité et adorent faire preuve de stoïcisme dans les circonstances difficiles de la vie. Pour faire le gros dos en espérant que cela ira mieux demain, ils masterisent. C'est une patience intriguante pour les Occidentaux énervés que nous sommes mais qui leur permet de vivre sereinement, la tête et la vie remplie de ce genre de principes pas pratiques à la con. Tandis que nous, nous avons le doute et les questions, mais nous exerçons notre libre-arbitre chaque matin devant notre garde-robe. (dans la limite du linge sale).

Le contexte culturel de l'airco (faisons bref), c'est qu'en été, c'est quasiment une question de survie, surtout quand vous avez de grandes baies vitrées orientées au sud.

C'est un VRAI climat continental, Beijing...


Business side
Mais ces 2 secteurs représentent quelque part la quintessence intime de la croissance chinoise: être assez riche pour ne pas avoir à porter des vêtements en simple coton rembourré ou en peau de chien ou de n'avoir qu'un éventail pour vous rafraîchir en été, cela signifiait clairement il y a quelques années que vous apparteniez aux couches aisées et urbaines de la population. Mieux qu'un IPod ou un Blackberry.

  • Retour en arrière.
    Oui
    Comme je vous dis. Fourrure de chien. A Linyi, les ouvriers et les conducteurs de moto ou de pousse-pousse avaient des revêtements en cuir, avec à l'intérieur des peaux de chien cousues, le poil vers l'intérieur. Je ne dis pas que c'est bien, je ne dis pas que c'est mal. Mais je suis sûre que c'est utile pour les rhumatismes une peau de teckel sur les rotules par moins 20 sur une motocyclette à 60 à l'heure.

Donc, la démocratisation du progrès aidant, ces 2 articles de consommation courante ont connu un boom ces dernières années. Ce qui signifie en Chine que 250 mille fabricants ont lancé des copies de qualité abyssalement variables, dans des quantités et des modèles dépassant l'entendement et le bon sens commercial.

Exemple : il y aurait eu rien que pour cette année une surproduction de près de 30 millions d'unités d'air conditionné, inexportables car ces appareils ne satisfont probablement à aucune norme internationale de sécurité en vigueur (ce qui veut dire que votre airco peut se transformer en barbecue ou en grille-pain ou en générateur automatique de feu d'artifices d'intérieur sans prévenir).

Bref, sur les 69 compagnies se partageant le marché chinois de l'air conditionné, 40 devraient se retirer d'ici 2006. Ca, c'est une hécatombe ou je ne m'y connais pas.

Le même phénomène devrait se produire du côté du caleçon. Cela va donc saigner dans le Thermolactyl. Et dans cette lutte de Titans de la fibre intime, seuls les plus forts survivront.

Source : Danwei.org

Par babochina - Publié dans : china as it is
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Mercredi 7 décembre 2005

Le grand Paul Mac Cartney, la légende vivante des Beatles (et si moins légendaire des Temptations Wings), l'a déjà annoncé: les Jeux Olympiques 2008 à Beijing se feront sans lui.

La raison de cette grosse bouderie? Le traitement infligé aux animaux en Chine, où il est vrai, la cause du bien-être animal n'est pas toujours en tête des préoccupations. Ce qui a été une fois de plus démontré par une vidéo de la PETA dans laquelle on voit, par exemple, des chats jetés avec entrain dans un sac, sac qui est ensuite plongé dans de l'eau bouillante.

Et pour un végétarien britannique ami des animaux, des moutons et qui a commis un duo avec Michael Jackson, cette joyeuse insouciance vis-à-vis de la douleur que peuvent éprouver nos amies les bêtes (sauf les pandas) a de quoi retourner les sangs.

Sir Paul de Linda va jusqu'à réclamer le boycott des produits chinois. Une prise de position en porte-à-faux avec les dernières tendances de l'économie mondiale et de la compétition sportive

Mais dans cette affaire, un mystère subsiste : dans quelle discipline Mc Cartney va-t-il déclarer forfait? La question reste posée.



articulet publié (un jour) sur pingpong


Par babochina - Publié dans : china as it is
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Mardi 6 décembre 2005

Ô grand Saint Nicolas,
Patron des écoliers,
Apporte-moi des pommes
Dans mon petit panier.
Je serai toujours sage
Comme un petit mouton
Je dirai mes prières pour avoir des bonbons
Venez venez Saint Nicolas
Venez venez Saint Nicolas
Venez , venez , Saint Nicolas
& tralalala...

Et oui, même à Beijing, c'est Saint-Nicolas!

Saint Nicolas

Toutefois, l'environnement chinois ne s'y prêtant pas, mes célébrations pour cette fête de tous les enfants sages était sur le point de passer à l'as (peut-être mon subconscient a tendance à se distancier de la notion d'enfant sage) sauf que mon employeur a encore assuré aujourd'hui.

En effet, ce fut un jour de prodigalité syndicale, avec

  • mon kit trimestriel de produits ménage et de shampooing (l'overdose de shampooing dans ma vie est une ligne de faîte sous-jacente de ce blog ... ou ici )

Et pour marquer les fêtes de fin d'année qui approchent,

  • le calendrier de la chaîne
  • Et là, question calendrier, la Chine nouvelle n'a de leçons à recevoir de personne. Ca se déchaîne du côté des cadeaux d'entreprise et des objets de décoration de bon goût.

Quelques atouts qui feront de votre calendrier une des oeuvres d'art les plus convoitées de votre intérieur:

  1. la taille: du grand, du très grand, au-delà du mètre minimum d'un côté ou de l'autre pour prétendre à la moindre once de distinction, avec de préférence un oeillet minuscule et mal placé pour l'accrocher ou que ce soit, histoire de faire de son accrochage au mur un des grands moments d'aventure de cette année nouvelle
  2. le papier: même logique, plus c'est épais, mieux c'est. Le calendrier en tôle ondulée ou en roofing ne devrait pas tarder
  3. le sujet: compte peu, mais si c'est en relief avec des paillettes, vous êtes définitivement un upper middle class point de vue papeterie; une touche de rouge (couleur tout bon en Chine) est aussi un plus.

Personnellement, pour mon calendrier, pas de relief ou des paillettes, mais pour une fois exceptionnelle par ici, le fond se suffit à lui-même et n'a pas besoin de mise en forme.

Que des stars, quasi en taille réelle, avec l'autographe et le chantournage Photoflop de rigueur.

    

(ici, Li Yong ou Beethoven -allusion à son brushing-, imaginez Dechavanne, Montiel, Morandini et Arthur et tous les animateurs des chaînes privées italiennes recyclées dans un Chinois d'1m50 avec un physique quelconque, un accent pas très pur, mais un bagout et des costumes au-delà du baroque pour animer avec un entrain et ubiquité une foultitude d'émissions à grand spectacle et à faible intérêt)

Vous imaginez l'effet de proximité avec les stars dont vous pouvez jouir en plaçant cette installation visuelle d'envergure dans votre logis ?

Je sais, j'ai de la veine...

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Lundi 5 décembre 2005

En Chine, le téléphone mobile est plus que le roi, plus que l'empereur, plus que l'enfant unique, il est LA priorité.

Ce que la grande star de la scientologie, Tom Cruise a appris, à ses dépens, mais avec aplomb, à Shanghai récemment. Il se trouvait sur place pour une conférence de presse pour “Mission Impossible III”. Un titre prémonitoire pour cette aventure ...


Une conférence de presse en Chine, c'est un peu comme partout ailleurs: la star a autre chose à faire 6 mois ou plus après avoir tourné le film d'aller raconter pour la 30e fois avec fraîcheur que ce projet l'avait enthousiasmé dès la lecture du script il y a 2 ans et que cette joie était toujours intacte; de leur côté, la presse a bien compris que tout ce qui sera dit sera imprimé en gros caractères dans le dossier de presse et se voit obligée d'être présente sur place pour quelques plans insipides de la star mal maquillée et gesticulant du bras bêtement, faisant 10 ans de plus que dans son dernier film, surexposée à cause des flashs des photographes, le tout dans une salle de conférence beige triste dans un 5 hôtel toujours situé de l'autre côté de la ville.

Bref, que du bonheur pour l'attachée de presse, qui est généralement la seule personne à prêter une attention soutenue à ce qui se passe dans ce genre de raout.

Mais revenons à CETTE conférence de Tom Cruise à Shanghai. Où Tom n'a pas été au centre de l'attention (même distraite) de la presse.

Car comme va l'apprendre Tom, partout en Chine, on répond au téléphone dans toutes les circonstances : bloc opératoire pendant la pose d'un pacemaker, cinémas, gradins de l'Open de Shanghai pendant la balle de match et championnats du monde de snooker.

Et subséquemment à la conférence de presse à Tom-Tom. Tom est un gars qui a du flegme, de l'humour de scientologue (un peu passif-agressif), mais néanmoins du style. Aussi que fit-il pour prouver à tous qu'il était Ze King of the Evenement?

Il a pris le téléphone des mains du journaliste et a commencé à s'entretenir avec la personne à l'autre bout du fil.


Un bref moment qui aurait du être inoubliable pour la personne au bout du fil. Echanger quelques mois avec Maverick de Top Gun, quand même, ce n'est pas rien.

Mais, après mûre réflexion, laissez-moi vous livrer le fond de ma pensée sur cette fable moderne de l'égo contre la machine.

Et celle-ci éclaire la réalité d'un jour blafard mais probable.


Car je suis sûre d'une chose, vérifiée ces 2 dernières années au point qu'il ne s'agit plus d'une simple hypothèse de travail scientifique, mais d'un axiome, d'un postulat.

Si en Chine, au téléphone, on parle une autre langue que le chinois, on se fait tout bonnement raccrocher au nez.


articulet publié (un jour) sur pingpong


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Samedi 26 novembre 2005

Enfin, soyons honnêtes, plus je me sinise, plus je ralentis.

En effet, après avoir utilisé toute l’année dernière un vélo appartenant à mes anciens propriétaires et l’avoir restitué en fin de bail, j’avais reçu comme cadeau d’anniversaire une MAGNIFIQUE bicyclette chinoise avec le petit panier devant, un vélo à moi et avec des freins s’il vous plaît !

Chaque matin, j’enjambais donc ma monture pour remonter le 3e périphérique sud pendant 5 minutes afin de gagner ma station de métro. Grâce à elle, je voguais, légère, le tronc droit, le cou élancé comme un cygne à travers les embouteillages, pour aller faire les courses aux supermarchés à produits occidentaux qui pullulent dans l’est de la ville où j’ai désormais établi mon bivouac. Je partais pour de longues balades à la recherche de beurre, de baguette, ou de livres, étant également à portée de mollets du Centre Culturel Français.

Où se joua le premier drame.

Le Centre Culturel Français est un endroit assez chic et donc pourvu d’un parking couvert pour voitures, mais dépourvu des facilités essentielles réservées à la protection des vélos.

Mais les trottoirs étant larges et ombragés, ah ces quartiers de riches, les étudiants fauchés et moi-même nous contentions de laisser nos vélos à l’ombre d’un ... ? euh, d’un arbre feuillu. Nous nous précipitions alors gaiement à la découverte de la culture et de la littérature francophone prodiguée avec munificence par une politique étrangère de la France plus facile à mener en Extrême-Orient qu’en Extrême-Seine-Saint-Denis, parce que mazette, comme bibliothèque publique, cela me rappelle plutôt le métro de Moscou, en marbre et lustres en cristal dans les couloirs, sauf que cela fonctionne. Un record. La main-d’oeuvre pas chère, ça a du bon.

Je vous le dis, ce serait avec mes impôts qu’on aurait construit cela, ce n’est plus à mon blog que j’écris, c’est à mon député.

Donc un jour d’octobre, je laisse mon vélo à l’entrée, et quand je ressors : vélo, a plus !

« Saloperie ! Raclure de sperme de phoque empaillé ! Porcherie ! Et mmmm...de » furent les délicats vocables que je hurlai à la tête des cieux, des grues, des grutiers et des oiseaux le long de l’avenue que je remontai furibarde.

Je téléphonai immédiatement à l’élu qui m’avait offert ma ciclybette. Hilare à mon désarroi, celui-ci me répondit que :

« - Ce n’est pas grave bébé, je t’en rachèterai une autre. Et pour devenir une vraie Pékinoise, il faut au moins se faire voler 10 vélos ! »

Il a toujours les mots qui réconfortent, mais bon, il me fallait ravaler mon chagrin.

Deuxième acte.

Un mois plus tard, un dimanche, nous retournons au même magasin pour racheter sensiblement le même vélo. Je demande un verrou supplémentaire au cale-roues, mais l’homme me répond avec sagesse :

« - De toute façon quel que soit le verrou, il leur faut 10 secondes, alors se coltiner un gros verrou tout noir de graisse et pas pratique pour les retarder de 10 secondes, à quoi bon ? »

Son détachement me sert de guide et je repars avec un vélo à un verrou.

Et le lendemain, refière comme Artaban, je repars à l’assaut du 3e périphérique, voir plus haut. Je le range dans un parking de haute sécurité, clotûré et gardé. A mon retour le soir : je fouille, retourne et perquisitionne mes poches comme la BAC dans un HLM mais pas de clés de verrous. J’na les ai perdues. Vélo bloqué. Il me faut donc convaincre les gardes qu’il s’agit de mon vélo, leur demander de le fracturer (ce devait être des gens honnêtes puisqu’il leur a fallu quand même nettement plus de 10 secondes, plutôt 10 minutes) et repayer pour replacer un autre cale-roues. Je reviens chez moi contrite.

Et toute la journée du lendemain, vérifie incessamment que mes clés sont toujours en ma possession. Conjurer le sort de cette manière ne fut d’aucune aide.

Car, c’était écrit, le vélo fut dérobé à la faveur de la nuit, le lendemain, mardi soir, moins de 48h après son achat, en bas de chez moi, alors qu’un garde était planté à moins de 5 mètres et qu’il se trouvait au milieu d’une nuée de bicyclettes.

De mon vélo il ne restait rien. Je ne garderai que le souvenir des Chinois rigolards qui passent leur vie en bas de chez moi à jouer aux échecs chinois et qui se sont fort esbaubis de mon air de poule qui vient de pondre un oeuf de travers, mâtinée de l’oeil de lynx de l’homme qui valait 3 milliards en cette matinée frisquette, alors que j’errai hagarde à la recherche de ma monture d’acier et de carbone.

Plus que 8. Je vais n’en chier.

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Jeudi 17 novembre 2005

Il y a une femme dans ma vie ici à Beijing qui joue un rôle fondamental : Zhou Taitai.

Ma femme de ménage.

Madame Zhou, que j'appelle “Taitai”; c'est à dire Madame, mais super-cérémonieux (la 1e fois que je l'ai rencontrée, j'ai pas osé l'appeler “femme de ménage”, ou "ayi", comme c'est l'usage ici, du coup c'est “Madame la Baronne” ou équivalent)

Nous partageons ainsi une relation fusionnelle à mon grand avantage (c'est le plaisir d'être du bon côté du monde du travail), ce qui concrètement signifie qu'elle repasse mes fringues et ôte les poussières.

Vu mon chinois, c'est une relation largement tacite, tout en sous-entendus.

A part que je mène une sourde bataille pour que Taitai utilise avec enthousiasme les produits ménagers que j'engrange à la maison car mon syndicat m'offre tous les 3 mois un colis de produits ménagers largement redondants. (j'en profite pour vous dire que si vous voulez du shampooing, arrêtez-vous chez moi, y a à boire et à manger dans le domaine), encore plus depuis que nous avons opéré une fusion de nos résidences, et subséquemment de nos réserves de gel douche, avec mon chéri.

Taitai est en effet plutôt de l'école “un coup de loque à l'eau et ça blinque”.
(lexique: “loque” en belge c'est torchon, et “blinquer” c'est briller)

Le côté désinfectant, cela ne la tracasse pas des masses. Elle a eu l'air plus convaincue de la nécessité d'un détergent, quand je lui expliqué que le Mr Propre, ça sent bon.
Mais bon, l'un dans l'autre, ce n'est pas si grave. La vie en Chine rend la vicinitude avec les bactéries beaucoup plus tolérable.

Et à ce sujet, la dernière fois que Taitai vient à la maison, je remarque après son départ que la collection de loques (1 pour la vaisselle, 1 pour les surfaces alimentaires, les autres pour le gros-oeuvre) est intégralement sèche.

Comme je ne suis pas d'un tempérament inquisiteur, je me contente d'enregistrer le fait. Je continue à vaquer à mes occupations dans ma cuisine, la confection d'une sauce spaghetti si je me rappelle, et une fois que le tout est prêt, m'empare d'une des mes maniques Ikea toute neuve pour transporter la casserole.

Fait troublant : la manique est humide et essorée.

Yep, ma Taitai m'a nettoyé l'appart' à la manique Ikéa.

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