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Tel le phénix surgissant de ses cendres ...
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car Nanny Anastasie a décidé que les internautes de la partie continentale de la Chine devaient réserver leur bande passante à d’autres lectures.

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Samedi 31 juillet 2004


Euh, et bien la Scandinavie, en tout cas Helsinki, ce n’est pas comme je croyais.

Je m’imaginais un monde comme les salons de démonstration chez Ikea en grandeur réelle, design, nickel, écologique, en symbiose avec la nature et mon moi profond dans des formes modernes et fonctionnelles, avec des sapins verts partout et des grands blonds dedans. Y avait des sapins, y avait des blonds (pas tous et pas tous grands), c’est fonctionnel, cela s’arrête là. Helsinki et ses bâtiments de quatre étages en crépi jaune (et le crépi jaune est bien une des pires hérésies paysagères de l’Occident moderne en pleine décadence architecturale, avec le nain de jardin en plastique et les pergolas anémiques pour tenter de convertir votre pavillon préfabriqué en patrimoine foncier séculaire), cela  donne un résultat aussi rigolo que des bâtiments de garnison militaire du dix-neuvième siècle. Je croyais être dans un pays de l’Est tellement c’était esthétique. C’est vous dire. Et personne dans les rues sauf dans le quartier commercial en plein samedi après-midi, une ambiance de feu. Et le bus qui opère la navette est orné de vitres recouvertes de papier collant rayé, accès de lucidité de l’office du tourisme ?

Dans le centre, la gare vaut le détour dans le genre architecture monumentale des années 30 en briques noircies et sculptures vert-de-gris. Un régal. Le centre-ville en face compte au moins quatre rues avec des magasins pour ce que j’ai pu en voir. Le café coûte 2 € et il est imbuvable. Les Chinois font mieux et moins cher.

Un grand moment d’admiration toutefois : leurs pharmacies. Cela rassemble à des agences de voyage. Plein de petits bureaux sont alignés, où confortablement assis dans l’espace clientèle qui leur sont assignés, les souffrants et souffreteux de Finlande peuvent se distraire à regarder les pharmacien(ne)s envoyer leur prescription dans de beaux tubes transparents. Et peu après en admirer la remontée avec leurs médicaments à 200km/h par pneumatique.

Tout le monde fume dehors. Surtout les parents avec des poussettes d’ailleurs. C’est interdit à l’intérieur des lieux publics, constate-je après quelques repérages à la recherche de cendriers sur les tables. Par contre, les terrasses, bien remplies malgré le temps pluvieux et frisquet, font office de fumoirs pour les stoïques. Bonne pub pour les badauds étrangers comme moi.


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Samedi 31 juillet 2004

J’ai donc passé deux heures dans le centre d’Helsinki à me trimbaler mes bagages en regardant partout (notamment les panneaux en finnois, tellement énigmatiques). Parce que rester à l’aéroport, cela me rappelait de façon trop aiguë mon premier départ en Chine. Il y a bientôt un an, en pleine nuit. Longuet, et un peu flippant. Je me trouvais en pleine phase traumatique de la petite occidentale qui se préparait à quitter la terre de ses pères pour l’empire du Milieu. Un magnifique souvenir d’adrénaline comateuse, à errer dans un terminal désert, à essayer de me lover dans un siège inconfortable. La politique du mobilier public inconfortable vise à éviter que les gens en prennent trop à leur aise dans les espaces publics, notamment, suivez mon regard, les clodos. Il y aurait donc des clodos dans les terminaux de l’aéroport d’Helsinki ou alors, c’est une question de standing. Je pense que la société civile et les sociétés de défense des consommateurs devraient avoir le courage d’aborder le sujet. Pour le prix qu’on paie, on pourrait au moins etre confortablement installé pour attendre. Et ils se marchent sur le pied, parce qu’un passager reposé est un passager qui ne fait pas chier. Grand adage dans le secteur des transports aériens. Qu’un économiste nous ponde donc rapidement une étude pour démontrer que la suppression des accoudoirs dans les terminaux des aéroports ferait baisser la consommation d’alcool en vol de deux bouteilles de gros rouge par vol, et d’ici trois mois, on pourra se vautrer dans l’aéroport d’Helsinki ! Un peu de cohérence que diable.

Revenons à ma veille (inconfortable) de janvier. A me réveiller toutes les trois secondes pour vérifier que mon passeport était toujours rangé à sa place. Celle où je l’avais mis cinq minutes de stress plut tôt. À constater que mon avion n’était pas parti sans moi avec trois heures d’avance sous mon nez, et à me demander ce qui m’attendait de l’autre coté. À visiter le coin fumeur. Un grand moment de plénitude en bref.

Ce jour-là, l’aéroport débordait de vie et d’activité, avec des hordes de Finnois qui prenaient leurs vols vers l’Espagne ou la Turquie. Et des Chinois à dévaliser le duty free et quelques touristes qui lisaient leur Lonely Planet tout neuf et tout brillant. Au milieu, Bibi avec son beau sweatshirt de Lei Feng pour bien montrer qu’elle avait dépassé le cap du noviciat. Mon Lonely Planet a maintenant des coins cornés de partout.  

Après le bordel classique d’une vraie file de Chinois, on embarque. Mon ticket 7L. Je monte, vais jusqu’en économique, rangée 27, je dois être tout au fond, je me fraie un chemin, tout au bout, je regarde le numéro : 57. Gros moment de néant mental. Que pasa ?

J’affiche un regard fou, perdue dans une incohérence kafkaïenne. Je dois retourner sur mes pas, retraverser à contresens la marée humaine, qui sur une largeur de couloir de 80 cm tente de trouver son siège, sa petite laine, de l’espace dans les coffres pour ses sachets, tout en ondulant des hanches pour laisser migrer le reste de la horde déchaînée qui tient à reproduire ce comportement primitif d’occupation de territoire un peu plus loin dans les plus brefs délais. Évidemment que j’avais l’air d’une crétine à ne pas savoir ma place et à déranger si ouvertement la transhumance des passagers responsables qui connaissaient leur numéro de fauteuil. Le lemming qui court à l’envers. Je sentais tous ces yeux me jauger et ces valises, coudes et hanches me heurter dans mon périple avec le mépris brutal du à mon inconséquence. Jusqu’au moment où remontée à la source, tel le saumon à bout de force, et n’exposant plus que mon dos (avec la photo de Lei Feng dessus) à leur vue, je suis passée de l’autre coté du rideau.  

Mon siège se situait en business.  

Quittant enfin l’opprobre de la plèbe, je pouvais donc affronter transfigurée d’une joie céleste les regards condescendants de mes compagnons de cabine. Ils avaient évidemment compris que nous ne faisions pas partie du même monde, à voir la tête que j’ai tirée, yeux exorbités et hagards, en regardant le 7L comme le Walhalla. Mais vu la largeur de mon repose-cul, je planais désormais bien au-dessus de ces contingences, tant sociales que spatiales.

Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaouw, voilà du ludique pour le petit monstre.

J’ai passé de grands moments Mister Beaniens à essayer tous les gadgets de travers, les sièges tout inclinables, les repose-pieds, l’écran dans l’accoudoir (il a fallu que mon voisin m’aide à la remettre en place), la super couette, l’espace pour me rouler en boule, et tout simplement contempler béatement les milliards de km séparant mon fauteuil de celui de devant.

 C’était terriblement bon. Malheureusement, je me suis complètement trompée dans mes horaires de vol, le trajet Helsinki-Beijing ne durait que 7 heures au lieu des 10 imaginées. On est donc arrivé à 7h30 du matin heure locale.  Dommage. Je serais encore bien restée un petit peu dans cette niche de félicité immatérielle, et ce, même si la télé de bord est tombée en panne. Je n’aurai pas pu jouer à Tetris avec ma télécommande, charnière fondamentale dans la politique de conception des loisirs élaborée par les compagnies aériennes pour distinguer avec sagesse le menu fretin de l’élite. Mais quand on se sent heureux comme un sanglier affamé dans une usine de cacahuètes Duyvis, on ne s’arrête pas à cela. Je n’ai meme pas dû me saouler pour dormir comme un angelot enroulé dans ma couette moelleuse.

 Je quitte l’avion à regret avant que les stewards ne me jettent de dehors et me voilà à Beijing. Je récupère tout mon attirail, me prends sur la tête un bon trente degrés humides à souhait dans un smog brûlant et monte dans le bus direction l’hôtel. Après avoir coltiné mes bagages sur quelques (suantes) centaines de mètres, j’éprouve en plein le coup de barre du décalage et, dans cet état second, je suis conduite à mon appartement.

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Jeudi 20 mai 2004
Je suis en train de manger un sandwich! Fromage et baguette, je croque dedans et de retrouver ces vieux reflexes de mastication, cette mie croustillante, ce gout, je ne vous raconte pas...

Mon premier repas froid depuis le 1er mars. Mon premier sandwich en Chine.

Bon la baguette est un peu seche, et le fromage fondu (allemand) est perime depuis le 31 decembre, mais quand on est en manque on ne s'arrete pas aux details. C'est bon, cela ne goute pas la Chine, c'est terriblement exotique.

Cassie (ma prof de Chinois chinoise) m'a regarde d'un drole d'air quand mes yeux ont brille de convoitise pendant que j'elaborais mon menu (pour 99% des Chinois, le fromage, c'est degueulasse, meme un truc basique comme l'emmenthal, je ne vous parle pas d'un camembert bien fait ou d'un maroille qui court tout seul, alors qu'ils boivent des tasses de vinaigre pendant les banquets, sic, c'est bon pour votre beaute).

Mais on trouve maintenant du fromage a Linyi. Avant juste une marque de Ziz neo-zelandaise insipide assez chere, mais de semaine en semaine le choix s'elargit. Aujourd'hui il y avait meme des blocs d'Edam et de Gouda. Mais cela reste cher: 30 yuans un petit bloc de 250g. 30 yuans, 3 euros, le prix d'une blouse, de 2 allers-retour au centre-ville en taxi, de trois bouteilles de vin moyenne ou de deux bouteilles de cognac (oui les Chinois ont du cognac, du normal et du pas cher).

Je me suis donc rabattue sur le fromage fondu allemand. Et non, rien de rien, je ne regrette rien, surtout pas de devoir manger une baguette en une journee, sinon, demain ce sera de la  poussiere.

Elle est tres seche cette baguette. Mais elle n'a pas la consistance du sandwich mou chimique tres sucre (arome saccharose, faudrait pas que ca goute trop naturel non plus), elle a la consistance de la baguette. Parce qu'on trouve deux types de baguette a Linyi: la baguette de "Peach Blossom supermarket", ca ressemble a une baguette jusqu'a ce que tu la touches, elle a la consistance sandwiche mou, et celle de Ta Fu Yuan (Fu Mart) pour laquelle j'ai enfin craque.

Il m'en reste un bout, je crois que je vais exagerer la dose de fromage dessus. Vous m'excuserez de vous laisser maintenant, des imperatifs gastronomiques m'attendent, j'ai les papilles en folie a l'idee du festin qui m'attend.

En vous souhaitant un bon appetit,

Vlyne

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Vendredi 30 avril 2004

Jurgen Verstrepen als onafhankelijke naar Blok

di 30/03/04 - Ex-presentator Jurgen Verstrepen wordt voorlopig geen lid van het Vlaams Blok. Hij zal als onafhankelijke op de Antwerpse lijst staan voor de Vlaamse verkiezingen. Eens verkozen zal hij deel uitmaken van de fractie en zetelen in de commissie Media van het Vlaams Parlement. Vandaag is hij door het Vlaams Blok officieel voorgesteld .

Met zijn controversiële politieke praatprogramma Zwart of Wit (of voordien ZwartWit) schuimde Verstrepen achtereenvolgens Kanaal2, Topradio, 4FM, Radio Contact en LibertyTV af. Die laatste zender zette het programma enkele weken geleden stop omdat het niet paste op een reiszender en nauwelijks kijkers trok. Verstrepen zag in het afvoeren van zijn programma allerlei (linkse) politieke machinaties om hem het zwijgen op te leggen.

Verstrepen werd al meermaals met het Blok geasso-cieerd. Filip Dewinter en Anke Van dermeersch waren vaak geziene gasten in zijn programma's. Verstrepen liet ook zonder gêne de eerder rascistische onderbuik van de samenleving aan het woord.

Als eerste opvolger is Verstrepen zo goed als zeker van een zitje. Hij zal als onafhankelijke wel deel uitmaken van de Vlaams Blok-fractie in het Vlaams Parlement. Volgens de partij zijn daar geen afspraken aan verbonden. "De enige lijn waaraan hij zich moet houden, is het verdedigen van de vrije meningsuiting en het evenredig toegankelijk maken van de media voor alle politieke strekkingen", zegt partijvoorzitter Frank Vanhecke.

source: VRT Nieuws

A ajouter au dossier

Verstrepen in beeld bij VLD - 18/03/2004


Radio- en tv-presentator Jurgen Verstrepen is door de VLD aangezocht om een prominente plaats in te nemen op haar Antwerpse lijst voor het Vlaams parlement. Verstrepen wilde gisteren ,,bevestigen noch ontkennen'' maar volgens insiders lijdt het weinig twijfel dat de presentator de ,,grote verrassing'' is die in Antwerpse VLD-kringen is aangekondigd. Verstrepen komt naar alle waarschijnlijkheid op de tweede opvolgersplaats, die wellicht goed is voor een zitje in het Vlaams parlement.




Dat Verstrepen bij de VLD terechtkomt is een verrassing. Velen hadden hem eerder bij het Vlaams Blok verwacht. Dat Zwart/Wit, zijn politieke talkshow op zondagochtend, door LibertyTV is geschrapt, was volgens Verstrepen te wijten aan politieke druk. Op het Vlaams Blok-congres van vorig weekend werd Verstrepen uitgebreid de lof toegezwaaid. (

PDB

Source : Het Nieuwsblad

Une des meilleures choses que j'ai obtenue dans ma vie, c'est quand meme bien mon licenciement!

mon opinion sur la question ici

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Mardi 20 avril 2004

Doctor: Sex harmful to middle schoolers
By Zheng Caixiong (China Daily)
Updated: 2004-04-20 08:40

Sex among middle school students may be contributing to growing sterility problems among young women in Guangzhou, capital of South China's Guangdong Province, says a prominent local doctor.

According to a recent survey, more than 20 per cent of the couples in Guangzhou are now suffering from sterility.
And the trend is growing.

Li Bing, a senior gynaecologist from Guangzhou No 2 People's Hospital, said sex among ever younger people is one of the culprits.

More than one-third of the cases of sterility among women were connected with abortions.

Young women who have an abortion in their teens are usually hurt both physically and mentally resulting in sterility when they grow up, Li said.

The youngest woman who has come to Li's hospital for an abortion was just 13 years old, Li said.

Women under the age of 18 now account for more than 7 per cent of the total number of women who seek abortions in Guangzhou, Li said.

And the long summer and winter holidays are usually the peak periods for abortions among students.

Meanwhile the number of young women contracting diseases like cervical cancer, is growing steadily, Li added.

Adverse effects of sex can also be seen in young men.

The youngest man to date found to be suffering from impotence was only 19 years old. In previous years, most men diagnosed with similar symptoms were more than 30 years old.

Li believes excessive sex or masturbation at an early age may be behind the trend among local male adults, Li said.

About 30 per cent of local men suffer from impotence or premature ejaculation problems.

Another survey which was released in the Guangzhou Daily early this month said that more than 54.2 per cent of middle school students said they were not opposed to having sex.

And about 70 per cent said they would like to start dating in middle school.

Some 3,000 local middle school students from 10 schools were interviewed for the survey.

Many of the students who had sex or dated at an early age come from the city's key middle schools which usually contribute excellent students to the annual national entrance examinations for universities and colleges.

An official from Guangzhou Municipal Bureau of Education yesterday admitted dating and sex did exist in the school campuses.

"In some schools, more than 60 per cent of the students from senior high schools have begun dating, which affects their normal studies," said the official who refused to be named.

Curiosity and the great study pressure have been attributed to the growing number of students who have sex and date.

source: http://www.chinadaily.com.cn/english/doc/2004-04/20/content_324719.htm

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Dimanche 11 avril 2004
REPORTAGE
LE MONDE
| 10.04.04 | 14h29  •  MIS A JOUR LE 10.04.04 | 17h57

Pékin de notre correspondant

La bâtisse de brique se dresse dans un no man's land d'éboulis. La scène est devenue classique dans la capitale préolympique bourdonnant de mille chantiers : pans de maisons éventrés, ciment concassé, le tout cerné d'une palissade de tôle.  On croise des ouvriers coiffés de casques jaunes, bâtisseurs du nouveau Pékin surgis de la campagne profonde. Cruelle ironie : l'école de brique ocre qui va être détruite accueillait des enfants de ces mêmes migrants ruraux ("mingong").

Le bâtiment vit ses dernières heures avant l'élargissement d'un boulevard. Zhao Shengjie, le directeur de l'établissement, ne cache pas sa lassitude. "J'ai vraiment envie d'arrêter, soupire-t-il. C'est trop dur." Dans son bureau aux murs sales, des cartons de livres scolaires s'entassent sur une armoire métallique. Les couloirs sont déserts, les classes vides. L'électricité a été coupée. Dans quelques jours, l'école Shuren ("Former des hommes"), située à Haidian, district universitaire du nord-ouest de Pékin, n'existera plus.

CHIRURGIE URBAINE

L'histoire est banale. L'école Shuren est une victime ordinaire de la grande chirurgie urbaine dont Pékin est la chair. Des lieux de vie disparaissent. Des micro-communautés se trouvent refoulées vers la lointaine banlieue. Zhao Shengjie et ses 300 élèves - âgés de 4 à 16 ans - se retrouveront dans une autre école de mingong, à la périphérie. Le nomadisme scolaire, il connaît. Depuis 1999, il en est à son sixième déménagement.

Mais toutes n'ont pas même ce privilège. Sur les 600 écoles de mingong que comptait Pékin à la fin des années 1990, une centaine ont survécu. Et une dizaine d'entre elles seulement ont obtenu un statut légal, grâce à un petit mouvement d'opinion où s'illustrent, aux côtés d'étudiants bénévoles de l'université, des personnalités comme Wu Qing, fille de la romancière Xie Bingxi et déléguée à l'Assemblée nationale du peuple (ANP). Les autres écoles, illégales, sont tolérées mais vouées à la précarité et à l'arbitraire de décisions locales.

Zhao Shengjie fait partie de ces Chinois anonymes qui se battent pour des causes sociales. Agé de 34 ans, fils de paysans d'une province pauvre, Zhao s'est exilé à la ville pour louer ses bras dans les chantiers ou les restaurants. Dans la capitale, il prend des cours du soir. Passionné de littérature, il finit par décrocher une licence à l'université, devient correcteur dans l'édition. Puis il découvre l'existence d'une école pour enfants de mingong. Il démissionne et devient enseignant. Plus tard, il fonde son propre établissement, l'école Shuren.

CONCURRENCE IMPLACABLE

La demande est énorme. Alors que Pékin compte 3 millions de mingong, sur une population de 13 millions, les structures scolaires officielles ignorent cette population flottante, dépourvue de certificats de résidence en règle. Les écoles "officieuses" sont nées de ce grand vide. Faute de soutien politique, la reconnaissance statutaire est rarissime. "J'ai vainement multiplié les démarches pour faire régulariser mon école, raconte Zhao. On m'a objecté : vous n'avez pas d'adresse fixe !"

Autre adversité : l'implacable concurrence que se livrent ces écoles alternatives. A raison de 300 yuans (300 francs) par enfant et par semestre, la clientèle potentielle excite les convoitises. "Les directeurs d'école de mingong ne sont pas forcément des humanistes, grince Zhao. On trouve aussi des affairistes qui ne reculent devant rien pour ravir des élèves à une école rivale." Le procédé le plus courant consiste à offrir une prime à un élève ou à un professeur pour chaque nouvelle recrue. "Il en résulte un grand désordre."

Combien de temps Zhao tiendra-t-il encore ? Il a l'air découragé mais reconnaît certains progrès. "Nous qui sommes dépourvus du hukou (certificat de résidence dans la ville) sommes moins souvent arrêtés et refoulés qu'avant." Mais la frontière sociale, elle, n'a pas disparu : "Nous restons malgré tout des citoyens de seconde classe."

Frédéric Bobin

Sur les 600 écoles pour migrants ruraux de Pékin, une centaine ont survécu | AP - Greg Baker

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Samedi 10 avril 2004
8h du matin, bureau des Affaires Etrangeres. On part en excursion avec l'ecole. Les etudiantes russes, Tess, Irina, Larissa, la vierge folle, et le bureau: mr Xie avec femme et fils, miss Wang, mr Li avec femme et fils, mr Yi et sa petite amie (gros scoop), le chauffeur et la fille du chauffeur. Que du beau monde. Direction Yi Shui, la grotte souterraine ou se trouve la source de la riviere Yi. Une superbe visite en chinois au milieu d'un eclairage bigarre et multicolore, les explications scientifiques a en croire la traduction de miss Wang furent lacunaires, mais comme les Chinois adorent les formes naturelles qui ont l'apparence d'autre chose, on est alle de rochers ressemblant a une soucoupe volante en stalactites ayant pretendumment la forme de dragon. Avec evidemment les roches a caresser pour une vie eternelle, l'argent a profucion, et pour porter chance. Arend m'a fourni les explications geologiques necessaires. Au moins, il faisait frais. Apres: banquet. Et apres le banquet, plus rigolo, on est alles a la cueillette des fraises dans le village natal de mr Xie. Sa soeur a des champs rempli de fraises. Bon, on en a plus mangees qu'on en a cueillies, mais c'etait bien rigolo.
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Vendredi 9 avril 2004
LE MONDE | 09.04.04 | 14h22

Le rédacteur en chef du "Nanfang Dushi Bao", a été inculpé pour "corruption".

Pékin de notre correspondant

La communauté des journalistes chinois est sous le choc. Cheng Yizhong, rédacteur en chef du Nanfang Dushi Bao (Southern Metropolis News), quotidien cantonais érigé en modèle du nouveau journalisme en Chine, a été inculpé, a indiqué, son avocat vendredi 9 avril. Il avait été arrêté le 19 mars et placé en détention à Canton. Il est accusé de détournement de fonds portant sur 1,5 million de yuans (150 000 euros).

Cheng Yizhong, 38 ans, membre du Parti communiste (PCC), s'était imposé ces dernières années comme la figure emblématique d'une presse chinoise de plus en plus mordante, en particulier sur les sujets de société. "Il est très respecté, comme un chef spirituel", commente un ancien journaliste du Nanfang Dushi Bao. "Cette affaire va laisser des traces profondes dans le journalisme chinois", ajoute-t-il. A Canton, le domicile de Cheng Yizhong a été fouillé. Son ordinateur, ses livres et ses centaines de DVD ont été saisis.

L'affaire ressemble fort à une machination destinée à décapiter et à remettre au pas un quotidien qui a enragé, tout au long de l'année 2003, le gouvernement de la province du Guangdong par la liberté de ses enquêtes, en particulier sur les abus de la police.

Le jour même de l'arrestation de Cheng Yizhong, le tribunal de Dongshan, un district de Canton, condamnait Yu Huafeng, directeur général du Nanfang Dushi Bao, et Li Minying, ancien rédacteur en chef, respectivement à douze et onze ans de prison. Motifs officiels : "corruption", "détournement" et "appropriation d'actifs d'Etat". L'acte d'accusation reproche aux deux ex-dirigeants du journal d'avoir "détourné" 580 000 yuans (58 000 euros).

Selon les journalistes chinois, ce procès a pour but de préparer celui de Cheng Yizhong, dont la signature apparaît sur des documents comptables divulgués devant la cour.

En réalité, les flux financiers présentés comme de la "corruption" correspondent à la distribution de primes à neuf dirigeants du quotidien, selon une source interne au groupe de presse Nanfang (Sud). Les 2 000 salariés du Nanfang Dushi Bao ont, eux aussi, reçu pour 3 millions de yuans de primes. Ces revenus complémentaires ont été versés en 2001 à partir de recettes publicitaires exceptionnelles de l'année 2000.

La pratique est très répandue dans la presse chinoise. "Si Cheng Yizhong est corrompu, alors tous les journalistes chinois le sont", grince un ancien du journal.

La raison de cette offensive contre le quotidien est plutôt à trouver dans le conflit l'ayant opposé en 2003 aux autorités cantonaises. Sur le papier, le Nanfang Dushi Bao- navire amiral du groupe Nanfang - dépend du comité du Parti communiste de la province du Guangdong. Toutefois, le jeu des forces du marché change les rapports traditionnels de subordination politique. La concurrence entre titres rivaux conduit souvent les quotidiens à multiplier les reportages sociaux sensibles, remportant de vifs succès d'audience, mais entachant la réputation de leurs propres autorités de tutelle.

Le Nanfang Dushi Bao a ainsi divulgué, au printemps 2003, l'affaire Sun Zhigang, un jeune graphiste arrêté à la suite d'un contrôle d'identité et tabassé à mort dans une clinique dépendant d'un commissariat de police de Canton. Relayé par Internet, ce scandale a eu un énorme retentissement en Chine. Désireuse de prouver son engagement à respecter l'Etat de droit, la nouvelle direction du PCC, issue du XVIe congrès du parti, avait érigé cette affaire en exemple, sanctionnant des responsables de la police de Canton. Des effluves de "printemps" politique flottaient alors à Pékin.

Mais le vent tourna rapidement. Dès l'été 2003, la rhétorique sur la "transparence de l'information" et le "contre-pouvoir des médias", encouragée par l'éclatement de la crise du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), buta sur les limites du système. C'est à ce moment-là que démarra l'enquête sur les flux financiers du Nanfang Dushi Bao.

La brillante ascension professionnelle de Cheng Yizhong, appelé à Pékin à la tête de la rédaction d'un nouveau journal, le Xin Jing Bao - fruit d'une alliance entre le Nanfang Dushi Bao et le Guangming Ribao(Clarté) -, ajouta à l'exaspération des autorités de Canton. Ce ressentiment atteignit un point de non-retour quand le Nanfang Dushi Bao, dont Cheng Yizhong continuait à s'occuper, publia un nouveau scoop en révélant, le 27 décembre, la réapparition du SRAS à Canton, sans y avoir été préalablement autorisé. Le 6 janvier, le journaliste était gardé à vue durant huit heures.

Depuis la condamnation de ses deux collaborateurs, la machination visant à le broyer est lancée. Cheng Yizhong, qui a visiblement été lâché par ses protecteurs à Pékin, semblait s'attendre à ce sort. La date de son procès est encore inconnue.

Frédéric Bobin

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