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Tel le phénix surgissant de ses cendres ...
ce blog est de retour.


Plus sur Blog-City,
car Nanny Anastasie a décidé que les internautes de la partie continentale de la Chine devaient réserver leur bande passante à d’autres lectures.

Le Grand Firewall a donc
encore frappé
...


Et toujours


Mes photos de BABOCHINA
et vous êtes à ...

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Vendredi 3 juin 2005
C'est pas frais, mais bon, c'est remarquable.

Cela fait au moins 10 minutes que Beijing Television numéro 7 consacre un reportage à la mort d'un singe au zoo de Beijing.

Avec des images d'amateurs, qui subitement, au détour d'un plan panoramique censé immortaliser la joie sereine d'une excursion familiale, tombent sur des images d'un singe face contre terre.

La tension monte, la musique devient inquiétante. Se succèdent au moins 7 minutes de plans divers du cadavre de la petite bête dans un crescendo de tension. Qu'a-t-il donc? va-t-il être sauvé à temps? Même moi qui ne comprends pas un traître mot, je saisis l'intensité du moment.

A croire que le réalisateur a légèrement abusé de "24h".

Le tout entrecoupé d'interviews de directeurs du zoo, de gardiens, d'enfants en pleurs quand ils apprennent que le singe est mort et de visiteurs dégoûtés. Sans oublier les mouches qui survolent le cadavre et d'autres plans des singes (survivants) qui dans le contexte de ce reportage poignant, ne peuvent avoir qu'un regard interrogateur et vaguement inquiet. Avec du Richard Clayderman en musique de fond.(qui était d'ailleurs récemment en tournée en Chine où c'est une star absolue)

Je préfère leurs programmes d'arts ménagers. D'ailleurs on enchaîne sur "Comment se fait-il que les gens soient si sales à l'arrêt de bus, ?", sans parler de l'arrêt de bus lui-même, avec des images en caméra cachée et des gros plans sur les taches.

Crassieux. 

Mardi 10 mai 2005
La scène tango à Beijing n’existe que pour souffrir apparemment. Imaginez-vous une pousse, qui printemps après printemps, tente de fleurir, et qui, sous le poids et la dureté d’un climat défavorable, s’étiole, désespère et ne renonce pourtant pas. Chaque année, la sève la ranime telle le phénix, mais jamais, au grand jamais, il ne prend son envol.

Autant dire, on se fait chier.Mais nous disposions jusqu’il y a peu d’une perle de la culture porteno. La G… D … n … g Academy. Je ne veux pas être indiscrète, mais au milieu on parle de danse et d’un métal doré qui commence par g en anglais.

Cela valait le détour. Le charme du lieu ne reposait pas sur le cadre (une grande salle de ballet, très audacieusement décorée d’une myriade de guirlandes argentées sur le plafond, histoire de faire mentir le doré de la raison sociale, et avec une magnifique vue en toute sincérité sur le Temple du Ciel) mais sur une fine équipe, dont Arend me fit remarquer justement que « C’était très Beijing. Si cela avait été dans une autre ville, ils ne se seraient jamais trouvés »

Il marque un point.

Alors entamons le casting.

Robert – le professeur

aka « Le Beau Robert »
aka « Robert les 8 pas »

aka « Bob le Panaméen »

Ce qui frappe tout d’abord chez Robert, c’est la chemise en soie noire à manches bouffantes, avec les poignets qui remontent presque à l’avant-bras, avec la ceinture abdominale en soie noire de maître d’h qui gaine son corps (empâté) lui apportant prestance et prestige. Surmontant un pantalon de soie noire à baguette sur le côté et lui-même surmonté par un brushing de cheveux blancs impeccablement lissés sur le côté, qu’on se demande si c’est pas de l’ouate.

Rien qu’à le voir, on imagine une vie de taxi-boy sur les croisières du 3e âge en Méditerranée ou les frissons des rombières lors des thés dansants à la lumière tamisée des banlieues nord-américaines lorsque le beau Robert s’est approché de leur table, a pour un instant cassé son maintien d’hidalgo des parquets cirés pour les solliciter pour un paso doble inoubliable.

Aaaaaaah Robert, quelle vie de romance au clair de lune et de fuites au petit matin, la valise vide, pour échapper aux hôteliers trop soucieux de rentrer dans leur frais as-tu du avoir.

Je suppute. 

Papillon – la partenaire

Papillon est charmante. A vue de nez, 40 ans, 40 kilos bien conservés. Des bas noirs à résille, une petite jupette volante, un petit body rose puéril de danseuse. Je sais que Papillon est mariée, mais le mari la prête gentiment à Robert pour ses cours. 

Papillon passe donc 2 heures par leçon, accrochée comme pour résister à la force d’un tsunami qui l’emporte dans les bras de Robert, ou pédalant dans le vide parce que Robert vient de la lâcher pour expliquer un truc avec les mains. Elle vit cela avec un immuable regard perdu (dans le vide, je sais, je me répète) qui se perd partout dans la salle et surtout dans les yeux de Robert, qui la nie confortablement.

Papillon a une mémoire vive d’un kb et une présence au sol, une assurance, qui lui valent ce surnom. Définitivement, Papillon volète sur la piste. La tête monte, descend, les chevilles s’emmêlent légèrement, la gambette part pendant que la jambe reste au sol, le simple pivot hésite toujours à démarrer un French Cancan, la tête tourne, effarée, ne sachant où son partenaire va la guider (étonnant parce que Robert guide –non pas guide, Robert ne guide pas, il téléporte- à coups de truelle et que c’est télégraphié à coups de tam tam, il fait toujours les mêmes pas). Toutefois une confusion charmante qui lui va très bien, mais qui blesse légèrement les conventions du tango argentin.

Le moment favori de Papillon, cela se voit, c’est quand Robert arrive au moment purement émotionnel de sa démonstration « j’épate Buenos Aires en 2h ». C'est à dire quand la partenaire, soutenue par le bras ample et généreux du mâle qui va guider ses hormones en lieu sûr (c’est la symbolique), se laisse aller la tête et les épaules vers l’extérieur, la jambe gauche relevée pour s’enrouler telle la liane autour de son chêne dans un mouvement d’abandon d’une sensualité on ne peut plus latine. Son bras gauche remonte lentement le long de son corps, « les paumes vers l’intérieur, parce que quand vous voyez les danses andalouses, les femmes ont toujours ces mouvements très beaux des bras ceints de leurs châles, et cachent jusqu’au dernier moment, comme un ultime signe de leur pudeur, la paume immaculée de leurs mains, dernier rempart peut-être de leur vertu » (dixit Robert, cette allusion sévillane est l’un des points forts de la démonstration, et un peu boosté par moi j’avoue). Son bras gauche remonte donc et, ensuite, telle une fleur vénéneuse qui ne vivra que le temps d’une danse, il retombe le long de son corps alors que la corolle de son visage tombe vers l’arrière, abandonnée et lascive et que Robert de son bras puissant, la fait pivoter sur sa jambe restante, pour complètement lui cambrer le dos.

Face à cette démonstration de pure union des corps dans une étreinte sans failles, le public se demande si Robert ne va pas, tel un prestidigitateur, nous caler une rose entre ses dents pour parachever le tableau.

Papillon ne parle pas un mot d’anglais, Robert ne parle pas un mot de chinois. La directrice traduit. Mais honnêtement, le langage des corps n’est-il pas suffisant ?

Bon, alors, tout d’abord, incultes, Robert n’enseigne pas le pas de base, Robert vous offre une porte dérobée (et sacrément court-circuitée, gaffe à l’électrocution) vers un monde de sensations nouvelles, vers une fusion dans la moiteur des nuits argentines. Robert enseigne le pas Robert. Le pas de base avec un début de tour en quittant le croisé. De l’audacieux, de l’original, du visionnaire.

Après cela, c’est réglé, t’es accro ou tu te casses, mais en tout cas, mission accomplie, tu peux épater tes beaux-parents en cassant le dos de ta femme et en dérapant contre le buffet au prochain repas dominical. C’est pas du spirituel, c’est du clé sur porte. Il délivre le Robert, on ne peut pas lui reprocher cela.

Qu’il enseigne à manipuler ses partenaires comme des sacs de courge, à regarder ses pieds en permance et à guider à coups de traction-extension, finalement, belle-maman le remarquera pas de l’extérieur dimanche prochain.

Elvira - la directrice

Rappelons que nous sommes en Chine. Une partie des élèves est donc chinoise. Bien qu’il ait un nom français, un accent nord-américain, Robert est panaméen et ne semble même pas avoir pris la peine d’apprendre l’universel « xiexie » . Papillon ne pétant pas un mot du tout, ni en anglais, ni en chinois, elle s’exprime uniquement en variations sur le thème du regard perdu dans un monde trop complexe pour elle, il faut donc un interprète.

Quoique je ne pense pas réellement que Robert considère qu’il lui soit nécessaire de parler à Papillon. Il lui adresse de temps en temps 2, 3 mots, et ne la regarde jamais sauf quand elle ne s’accroche pas à sa main altière quand il lève le bras.

Mais il faut servir la soupe à la foule bêlante d’élèves en quête d’harmonie physique et spirituelle, le tout en moins de 2h.

C’est là qu’intervient l’ombre ténébreuse qui fait planer sur ce cours (déjà haut en couleurs) un voile noir et oppressant, la directrice.

Elvira suit en permanence Robert et Papillon pour tout traduire en chinois d’une voix tonitruante tout en gardant un œil de cerbère à la porte des Enfers pour veiller à ce que le reste de son école de danse file doux. Elle est partout, pour encaisser la thune, recadrer Papillon qui a tendance à s’éparpiller, jeter un coup d’œil à la porte et insister lourdement pour que tu prennes un abonnement à vie à signer d’une goutte de ton sang.

Car elle a un aspect légèrement « noir, c’est noir, il n’a plus d’espoir ».

On dirait Emily après la ménopause.

Cheveux noirs attachés, avec une frange bétonnée qui tombe bas sur une paire de lunettes en écaille noire (à mon avis, elles datent de l’époque de l’amitié sino-soviétique, elles ont du être faites en résidu d’alliage de Tupolev tellement elles ont l’air lourde) à carreaux teintés qui lui mangent le 2e tiers du visage mais qui lui globulent les yeux qu’on dirait qui nagent dans 2 petits aquariums carrés. On ne lui voit plus que le menton (qu’on espère en galoche pour parachever le tableau). Elle est vêtue de couches superposées de vêtements sombres, jupes, cols roulés, ponchos, gilets, bas sur un accessoire qui prend à mon avis tout son sens dans une école de danse, et un relief très particulier quand on entend Robert qui dit que « les pieds doivent caresser le sol »

càd. ça



Sans conteste les plus infâmes godillots qu’on ait pu trouver depuis qu’on a retirés du marché ses baskets à plateforme qui faisaient des empreintes de dinosaures quand on marchait dans la boue.

Lenny G – l’extra

Est apparu à la dernière leçon où j’ai assisté avec Arend un dénommé Lenny, ressortissant anglophone de son état, avec une longue mèche blanche rabattue sur le crâne. On peut dire qu’il complète agréablement le tableau. Laissez-moi vous reconstituer le dialogue.

Arend et moi sommes assis à enlever nos chaussures. Lenny s’avance, on fait les présentations, il nous demande depuis combien on est à Beijing, j’habite, Arend est en vacances.Lenny : Oh pour le moment, je suis juste professeur de conversation anglaise ici. La Chine c’est bien, hein ? Y a toujours moyen de rebondir.

Et moi, cela m’a bien aidé. (genre, je les aurai toujours et ils sont encore assez couillons pour me garder)

Nous restons neutres devant un tel déploiement de franchise. Lenny se rend peut-être compte que nous n’en attendions pas autant de lui, il embraie. Il nous demande si on fait du tango, on répond par l’affirmative. Et lui-même ?

Lenny : Oh oui, moi, je danse depuis 15 ans.Le tango ?

Lenny : Oh un peu de tout (pause, Lenny se relance dans un cri du coeur) Mais bon, vous savez, c’est quand même mieux le soir dans un bar en buvant en verre.

Tirade clotûrée avec, si pas un clin d’œil égrillard, une gestuelle laissant suggérer que si on le lançait sur le sujet, il aurait répondu par l’affirmative.

Malheureusement, c’est Arend qu’il a en face de lui. Je crois que l’amalgame douteux entre danse et exaltations des basses pulsions à coup de produits pas bons pour la santé lui a semblé quelque peu sommaire. Avec magnanimité, il fait semblant de rien. Ce qui fait que Lenny se re-casse la gueule, devient transparent et se tire comme un crabe. Je savoure.

La démonstration

En moins de 2 heures et sous nos yeux ébahis, Bob le Panaméen nous a passé en revue le ocho, le giro, la saccada, le boleo et le moment favori de Papillon, l’apothéose, le summum. Si après t’es pas convaincu, c’est que tu n’as jamais rêvé de danser comme Patrick Swayze dans Dirty Dancing juste avec une méthode Assimil DIY.

http://www.goldendancing.com/

Samedi 9 avril 2005
Et oui, il était que je retourne à la mer, telle la tortue d'eau ou le lemming...

Parce que si on fait le compte depuis novembre dernier, j'ai quitté l'enceinte du 3e périphérique de Beijing (il y en a 5ou 6 au total en plus) en tout et pour tout 3 fois
  • j'ai passé une journée à Xi'An en novembre

  • je suis allée voir la Grande Muraille à Mutianyu et

  • je suis allée visiter les tunnels de résistance à l'agression japonaise le lendemain

J'adore Beijing, mais la promiscuité devenait malsaine, notre relation était par trop fusionnelle et il était temps que je coupe le cordon ombilical.

Du coup, je suis repartie dans le Shandong, freudiennement c'est parlant...

En effet, je suis allée passer un petit weekend à la mer. A Qingdao. Cela m'a rappelé la Mer du Nord, incroyable tellemennt il y avait du vent et qu'il faisait froid.


Bref, c'était terrible, je me suis trempée les doigts de pied dans l'eau, je les ai entoritillés autour des algues échouées sur le rivage, je me suis foutu du sable plein les chaussettes et j'ai failli partir à la pêche aux moules.

Bon y avait pas de gaufres au sucre, ni de cuisse-tax, faut savoir faire des petits sacrifices à ses rituels ...

Aaaaah ça fait du bien.


par babochina publié dans : babochina
Jeudi 7 avril 2005
Je rempile à mon unité de travail pour encore un an à la satisfaction des 2 parties...

par babochina publié dans : babochina
Dimanche 27 mars 2005


Source :
CCTV E&F journal

Depuis le 1er mars, votre chaîne hispano-francophone, CCTV E&F, est accessible via le satellite PAS-1R, situé à 45 degrés de longitude ouest.
Grâce au multiplex, les émissions de CCTV4 et CCTV E&F seront désormais diffusées en Afrique de l'Ouest, en Afrique du Nord et en Europe.
Vous pourrez donc désormais recevoir nos programmes avec des antennes adéquates et des postes récepteurs satellitaires dans les zones citées auparavant.

Paramètres
PAS-1R (45 degrés de longitude ouest)
11510KHz (H)
26694K
FEC 5/6

Je vous le dis tout de suite, moi, je n'y connais rien, mais peut-être que votre vendeur de parabole y comprendra quelque chose ...

A visitor made this comment,
ben puisque c'est mis que je ne dois pas etre loggée/enregistrée/registerée etc etc... pour laisser un mot,je me lance (j'l'aurais fait quand meme hein ;-) )
un petit coucou d'ici,de nous 3 (euh enfin, maman raconte "les belles aventures de vlyne" à son bibou,qui ne pense qu'à marcher d'ailleurs le petiot,si tu veux des photos,je t'envoie le mdp de son photo album par mail si tu me reponds).
ton blog est génial,je te lis quand j'ai le temps et à chaque fois,ça me booste bien !!
là, je viens de faire 10x le tour de la piece comme les indiens en criant "john woo" ;-))) (et c'est là qu'alec me repond aussi banalement que si je lui demandais la météo, que deux de ses collégues sont dans le dernier costa gavras !! )
Un tout grand merci pour le cadeau de Noel (qu'on doit récuperer chez miss Flo mais bon c'est pas encore Nowel ;-)) )
on va bientot demenager à forest au 15eme etage,ça me fichait la frousse mais depuis que je te lis j'ai moins peur ;-))

gros bisous et prudence à cibyclette,

Marie,Alec et Yaël

Marie [marie.cappart@skynet.be]

Vendredi 25 mars 2005
Aujourd'hui, le printemps est là, mais c'est trop tard, j'ai la crève,

Mon organisme n'a pas fait la différence entre fiction et réalité. C'est l'école Lee Strasberg, l'Actor's Studio, la perméabilité au personnage etc ...

Du coup, je suis allée travailler dans un état très proche du coma ... à tel point que je me suis endormie sur mon pupitre plein de fois. Yu Jiang m'a réveillée avec magnanimité vers 19h30 pour me dire qu'il fallait mieux que je rentre à la maison dormir chez moi.

Mon air de lapin albinos hébété a fait rire tous mes collègues...
par babochina publié dans : babochina
Jeudi 24 mars 2005
Une journée merveilleuse.

J'étais tranquille, j'étais peinard, je bossais à CCTV. J'ai un de mes collègues, Miguel, qui fait parfois de la figuration dans des séries télévisées ou des pubs. Je précise qu'il est grand ET blond ET qu'il parle chinois.

Mercredi après-midi, Miguel phone. Ses amis casteurs cherchent des figurants étrangers pour demain matin, 6h de l'aube, 300 RMB pour 6 heures. Je dis oui, je voudrais vraiment voir un tournage de série télé de près. Mon collègue Nicolas accepte aussi.

Lever 5h du matin, ouille, arrivée sur place à l'aube. OK On est une dizaine d'étrangers et une dizaine de Chinois. On monte dans un minibus et direction une petite rue dans le quartier des ambassades, avec des bars.

Sur place, cela fourmille de monde dans tous les sens. On attend un bail dans le minibus et puis on vient nous chercher.

Scenario : on est assis à une terrasse, on prend du bon temps, des petites vendeuses de fleurs essaient de nous vendre des roses, on dit non. Finalement une petite fille riche dans une Audi achète une fleur et donne sa poupée à une des vendeuses. Mais un vilain client la bouscule, elle tombe, époussète sa poupée et regarde la caméra avec un air très touchant.

Realité : il est 7h30 du matin, le vent souffle du nord, on est à l'ombre, il fait froid et on doit rester en pull l'air je m'éclate à Ibiza. Les vendeuses de fleurs sont frigorifiées aussi et il faut un sacré temps pour que tout soit en place. On refait chaque scène des millions de fois.

Les petites vendeuses de fleurs n'ont pas encore saisi la réalité avec la fiction parce qu'elles essaient de me fourguer leurs roses des minutes après que le petit assistant réalisateur ait dit COUPEZ, lol

Mais bon, tout va bien, vers 9h et quelque, on a une pause, et mon collègue vient vers moi en me disant : "Il paraît que le producteur est connu. Tiens il y a le panneau du clap sur la table, tu peux prendre une photo pendant que je le tiens"

Je jette un oeil sur le panneau, vous savez ce que je lis dessus ?

                        John Woo

Le réalisateur qui a exporté le cinéma d'action de HK dans le monde entier, qui fait des films à Hollywood, Mission Impossible II, Face Off, et qui a dirigé Chow Yun Fat dans toute une série de chefs-d'oeuvre hémoglobinés. Et dont j'ai plusieurs films à la maison. A part Takeshi Kitano, y a pas mieux. Même Quentin Tarantino a tout appris de lui. Et il est là, super peinard, tranquille et souriant.



Pas moins, j'ai la mâchoire qui tombe, et les bras, et le reste. Glotch! C'est pas n'importe qui, je croyais que je bossais pour un sitcom de CCTV moi...

Et bien non, il s'agit d'une publicité pour l'UNICEF, un projet intitulé All The Invisible Children. 7 réalisateurs feront chacun un clip, avec John Woo pour la Chine, Emir Kusturica et Ridley Scott pour les USA, rien de moins.

Je bosse pour l'ONU et John Woo en me gelant sur cette terrasse.
Du coup, je me gèle, mais je suis ravie. Difficile de me décoller la banane pour le reste de la journée.

Médiatiquement je sens que je progresse. Après avoir été la star de "La Vie Sexuelle des Belges IV", me voilà dos dans l'ombre dans un film de John Woo. Oui, parce qu'honnêtement, je n'ai pas l'impression qu'on me verra 30 secondes en gros plan. J'ai plutôt fait l'effet de foule. Mais enfin, je vais bientôt pouvoir updater ma page sur IMDB.

En plus, j'ai eu l'occasion de pratiquer mon chinois pendant les pauses avec une foultitude de gens, ce qui finalement ne m'arrive pas si souvent que cela. L'ambiance était chouette. J'ai même réussi à amadouer les vendeuses de fleurs à la fin de la journée. On s'est fait des grimaces, c'était relax.

On a fini le truc à 20 heures néanmoins. Vous faites le décompte: 14 heures de tournage en extérieur. Pour 500 RMB.

Qu'on s'est empressés d'aller dépenser au resto russe pour refaire le plein de calories, parce que vindju, ce qu'il a fait froid...

Mais c'est pas grave, c'était une de mes plus belles surprises depuis que je suis en Chine!









par babochina publié dans : babochina
Jeudi 17 mars 2005



 
     BON ANNIVERSAIRE

               MAMAN



par babochina publié dans : babochina
 

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